Tout le monde dans le quartier connaît Amrouche et Amrouche connaît tout le monde dans le quartier. Le quartier n’a pas vu naître Amrouche, et Amrouche a vu naître presque tout le quartier. Il a vu se dresser les maisons et grandir les arbres. Homme à tout faire et travailleur infatigable, il a été fait appel à lui par toutes les familles de la région pour remuer la terre, creuser des tranchées, abattre des murs, mélanger le mortier, niveler des terrains, réparer les tuiles, déblayer les cours et défricher les jardins. Nous savons seulement qu’il vit le jour il y a très longtemps, là-bas, au nord, dans ces montagnes boisées qui ne montrent que leurs sommets. Lorsqu’il aménagea son gourbi, il ne se doutait pas que la ville qui somnolait tout en bas, grimperait et le rejoindrait au milieu des rochers et des chardons.
Hier, il s’est arrêté dans la petite rue déserte où j’habite pour bavarder un peu au sujet de tout et de rien. Il a parlé de la pluie et du beau temps, et ensuite évoqué sa mère, morte alors qu’il avait à peine cinq ans. C’est du moins ce qu’il avait compris jusqu’à l’age de 16 ans quand il apprit que la mère, chassée par le père, a été recueillie par une vague tante dans un hameau éloigné. Puis il partit trimbaler sa misère en mille lieux, arrosant mille métiers de mille sueurs et ne songeant qu’à survivre. Cinquante années plus tard, il y a une semaine, il apprend que cette mère morte et inconnue, s’était remariée et qu’il avait des frères et sœurs éparpillés dans les villages alentour. Alors ce matin, plutôt que de se rendre au marché hebdomadaire il s’est rendu dans ces villages et rencontré ces frères et sœurs dont il n’a jamais soupçonné l’existence. Son récit achevé, il m’a reparlé de ce que seront les moissons au bout d’un avril si frais.
(Article paru sur le site FILAHA, le portail agriculture)
par KOURDE Yacine. Ingenieur Agronome.
Toutes les définitions relatives à l’agriculture biologique font référence au respect des cycles biologiques des cultures et à l’absence d’intrants de synthèse ou contenant des organismes génétiquement modifiés.
Les produits bio sont exempts d’adjonctions chimiques et non manipulés génétiquement.
L’agriculture biologique se fonde sur des valeurs telles que la santé et le respect de la nature dans son sens le plus large.« L’agriculture biologique doit être l’étalon-or des bonnes pratiques culturales respectueuses de l’environnement »
Les produits bio reposent sur un ensemble de règles, de directives et de principes spécifiques, appliqués à tous les niveaux de la filière : production, transformation, transport, distribution…
Ces règles sont définies à l’échelle mondiale, européenne et/ou nationale par des organisations internationales, des états ou des organismes reconnus. Les principaux acteurs de définition de ces règles sont la FAO, l’OMS, le codex alimentarius, l’IFOAM, le conseil des ministres de l’UEE, les ministères (en général de l’agriculture) des états et les organismes certificateurs homologués.
Toutes ces règles et ces directives tendent à :
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Maintenir un équilibre entre les plantes cultivées, les animaux et leurs environnements.
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Produire des denrées alimentaires de haute valeur nutritive.
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Interdire les fertilisants chimiques de synthèse et veiller plutôt à l’activité biologique des sols et l’enrichissement de leur fertilité par l’utilisation de matière organique et la rotation de cultures compatibles, complémentaires et résistantes.
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Exclure tout herbicide, lui préférer la lutte manuelle, mécanique ou thermique et mettre l’action sur la prévention.
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Ne pas utiliser les organismes génétiquement modifiés et les produits qui en sont issus.
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Eviter de soumettre les produits à des rayonnements ionisants, des irradiations ou des régulateurs de croissance.
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N’utiliser que des semences, plants et matériels de multiplication végétative provenant d’exploitations biologiques et n’ayant pas subi de manipulation génétique.
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Préserver la bio-diversité au sein d’un écosystème en équilibre écologique stable.
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Mener des élevages selon des techniques qui tiennent compte du bien-être et des besoins physiologiques et éthologiques des animaux.
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Nourrir les animaux essentiellement avec des aliments biologiques et limiter le recours aux antibiotiques.
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Reproduire les animaux par des méthodes naturelles ou par insémination artificielle et ne pas recourir aux transferts d’embryons et aux manipulations génétiques.
Parlant de l’agriculture biologique, le professeur Francesco Panese de l’Université de Lausane dira : « Ainsi, il y a d’abord le souci de soi, puis le souci de la nature et enfin le souci du monde. Ces trois soucis convergent ».
L’agriculture biologique puise ses idées fondatrices dans différents mouvements comme la biodynamie et l’agriculture organique. Ces mouvements sont apparus un peu partout en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Nous les devons à des précurseurs tels que Rudolf Steiner, philosophe autrichien qui jeta les bases de l’agriculture bio dynamique en 1924 ou Sir Albert Howard dont le « testament agricole » inspira en 1940 le courant de l’agriculture organique.
D’autres pionniers, médecins, agronomes, agriculteurs, consommateurs, écologistes, réagirent aux effets néfastes des produits chimiques et prirent diverses initiatives. Nous citerons parmi ces hommes :
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Les Français, Raoul Lemaire, agriculteur, Jean Boucher et André Louis, agronomes ainsi que Matteo Tavera.
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Le scientifique américain Rachel Carlson et son célèbre ouvrage « le silence des oiseaux » par lequel il dénonce en 1960 les conséquences des pesticides.
La même époque vit naître des associations comme la GABO (Groupement d’agriculture biologique) ou encore « Nature et Progrès ».
En 1972 est créée l’International Fédération Of Organic Agriculture Movement.
La destruction des écosystèmes, la pollution des nappes phréatiques, les scandales relatifs à la crise de la vache folle (ESB), à la dioxine, la controverse autour des OGM et même du clonage font hisser l’agriculture biologique d’un simple mouvement de société à un véritable mode de production.
Les consommateurs, notamment ceux des pays développés, s’impliquent davantage dans les filières agroalimentaires, manifestent le souci et expriment la demande croissante d’une alimentation saine, indemne de pesticides, colorants, conservateurs et hormones. Certains auteurs parlent de « consom’acteurs ».
Les médecins mènent des études et établissent parfois des relations entre les produits de l’agriculture conventionnelle et les maladies dégénératives, fonctionnelles récidivantes ou chroniques.
Et enfin, les pouvoirs publics, nationaux et transnationaux, mettent en place des cadres réglementaires, de la production à la commercialisation des produits bio. Certains Etats assortissent leurs réglementations de véritables programmes de développement et de soutien de l’agriculture biologique.
Contrairement à une idée largement répandue, ce mode de production n’est pas un retour à l’agriculture traditionnelle. Il nécessite des notions agronomiques approfondies et repose sur des méthodes très élaborées. Les exploitants sont en général des jeunes bien formés qui compensent les produits chimiques par des connaissances techniques.
Amira
Amira ne marche pas. Elle glisse. Lentement. Comme un cygne sur un lac bleu.
Amira ne parle pas. Elle murmure calmement et gentiment les mots justes.
Amira ne sourit pas. Elle éclaire la nuit et le jour d’une douce lumière.
Amira ne regarde pas, elle imprime dans ses grands yeux l’élévation de toute chose
Amira ne dort pas, elle ferme les yeux pour laisser le pire devenir meilleur
Amira n’écoute pas, elle tend l’oreille au chant du papillon courtisant la fleur.
Amira est amira, princesse majestueuse qui supplie les épines des roses de ne plus blesser les enfants.
Amira n’ouvre pas les portes. Elle leur dit la liberté et la sagesse. Et les portes, TOUTES LES PORTES, s’ouvrent. Elle s’ouvrent à un cygne qui dit les mots justes, aux fleurs et aux papillons, dans la douce lumière d’un lac bleu.
(le11 novembre1981 à 5 heure du matin près de la gare d'Alger)
Que le jour semble loin, dans cette aube hivernale
Et ce matin qui n’en finit pas de naître.
Et pourquoi dans ma tête, ce mélange infernale
Qui marie les contraires et trouble tout mon être ?
La laideur dans les rues, ta beauté et ta grâce
La misère et le froid, l’éclat de ta lumière
En images alternées, se cèdent sans cesse la place
Sans que ne se dessine une quelconque frontière.
Marchons dans la ville qui accouche lentement
De cet instant confus, ce moment indécis
Quand la nuit et le jour dans leur accouplement
Dessinent un clair-obscur aux contours imprécis.
Regarde, sous les ponts, les escaliers, les arcades.
Regarde les tous, vieillards usés, infirmes, mendiants
Accrochés au sommeil, désespérés, malades
Et prolonger le rêve dans l’assoupissement.
Les fauves du matin blême s’acharnent sans répit
Sur cette humanité au bord de l’épuisement
Et qui tente de noyer sa peine et son dépit
Dans la torpeur brumeuse de l’engourdissement.
Sens, sens, les odeurs acres et les relents fétides
Exhalés par ce monde en décomposition.
Les ordures, les immondices, dans la brume humide
Enveloppent les dormeurs de leurs émanations.
Bien sur, les jardins, les parfums et la musique
Exaltent, louent et chantent l’harmonie de ta splendeur.
Mais par dessus le murmure de ton charme magique
Une foule, déchue, misérable, hurle sa douleur.
Ecoute :une vielle femme tousse le feu de sa poitrine
Et raconte aux cendres, les débris de sa vie.
Entend : un petit chat blessé pleure de famine
Mais nulle mère alentour, ne répond à ses cris.
Il y a les oiseaux, dis-tu. Il y a la douceur
Et les étoiles, et la féerie des rires d’enfants.
Les fleurs s’enivrent et dansent au rythme des couleurs
Dans l’éternelle ronde enchantée des saisons.
Je me rappelle ce poème qu’on lisait, enfant, et qui parlait de liberté qu’on écrit sur les cahiers et les pupitres d’écolier. Solitude, je ne te grave nulle part. Tu es là, partout, dan le ciel et dans l’eau, dans la cigarette et la fumée qui s’en échappe, dans le stylo et l’encre qu’il contient. Lorsque tu es seul, face à une télé que tu regardes du bout des yeux, ton rire sonne comme faux. Un rire non partagé sonne presque toujours faux. Le rire et la joie lorsqu’ils sont partagés se décuplent. La peine et le chagrin se décuplent aussi lorsque tu es seul.
Solitude !
Tu luis
Tu brilles
Tu cries et tu dis :
« Tu es seul »
Tu es seul au fond d’un puits
Au fond de ta tête
Au fond de la nuit
Tu es si seul
Que le miroir ne reflète plus rien.
Le reflet de la solitude
A la couleur du temps qui passe.
Le silence résonne
Sur l’enclume du vide
Pour forger l’oubli.
Tu oublieras
Jusqu’à la tristesse des mes rires
Et l’ombre de mon regard.
Je suis fils de la nostalgie.
Nostalgie de temps inconnus
Libérés par nos mémoires
Contre-force essentielle
Comme au cauchemar le réveil.
Je réveille ma conscience traquée.
La conscience est au cauchemar
Ce que le rêves est à nos misères.
Je rêve de forêts vertes, et de champs fleuris.
De sourires
Dans les yeux d’enfants
Et de gens qui s’aiment.
Solitude, tu es cruelle
Tu es féroce
Tu es carnassière.
L’oubli, bien souvent
Trébuche sur un souvenir.
L’oubli, bien souvent
Se cogne à un regard.
L’oubli, bien souvent
Se blesse à une chanson.
L'oubli, bien souvent
Se heurte à un prénom.
L’oubli, bien souvent
Se tourmente
Sur les vagues affolées
D’un air de guitare.
L’oubli, bien souvent
Oublie d’oublier
Que des amours fragiles
En des matins glacés
Accouchent en pleurant
D’affres abhorrés
Féroces et cruelles
Comme la solitude.
Solitude
Tu frappes
Tu blesses
Et tu laisses
Ta proie
Saignant, écorchée
Livrée au bec acéré
Du vautour affamé.
Mais je suis fils de la colère.
Et l’énorme bête
Sans doute apeuré
Par le silence de mon regard
S’envole lourdement.