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kourde

Pseudo: yacineCatégorie: Littérature, poésieDescription:
ecrits sans prétention, histoires vraies de gens simples ainsi que quelques poemes.
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Dimanche 14 Mai 2006

Il pleuvait ce jour là et le ciel larmoyait

C’était la mi-printemps mais les arbres étaient noirs

En cette heure matinale vous auriez pu croire

Que la ville, dans un voile ténébreux s’est noyé.

Une fille est morte qui n’a que vingt deux ans.

Elle aimait bien la vie sans la connaître bien.

Le temps indomptable continue son chemin.

La fille qui est morte n’avait que vingt deux ans.

 

Le silence ce jour là avait l’étrange saveur

D’une sirène de bateau ou d’un glas qui sonne,

D’un appel déchirant qui dans les cieux résonne

Et semble supplier : je veux vivre O Seigneur. !

 

La douleur et le vent d’un mystérieux accord,

Faisaient courber la tête à cette foule en deuil

Qui pleuraient sous la pluie derrière le lourd cercueil

De celle qui, la veille, heureuse, riait encore.

 

Quand au fond d’un tombeau le corps s’en alla

Et qu’une dalle de granit l’eut a jamais couvert

Les hommes en procession, vers la ville s’en allèrent,

Coupables d’être encore  alors qu’ELLE n’est plus là.

 

La nature se complait parfois à effacer

Une nymphe naissante qui eut pu l’embellir.

D’une image du bonheur, une fille d’avenir,

Nous qui sommes présents, nous parlons au passé.

 

Un départ avant l’heure laisse un goût si amer,

Qu’à la face du temps je dirai si j’ose

Que le temps bien souvent brise l’ordre des choses

Et fait que l’enfant soit pleuré par la mère.

 

Et pendant que chacun de ceux-là qui cheminent

S’en allait tristement vers des jours incertains

Un sourire turquoise servira de festin

A la poussière, le sable, les vers et la vermine.

 

Le temps se chargera d’estomper peu à peu

Ce rêve inachevé à l’aube d’un mois d’avril,

Et l’on ne verra plus désormais dans la ville,

Ces yeux qu’on aimait tant, les connaissant si peu.

 

Mais au fond de nos cœurs vivra le souvenir

D’un regard azuré, d’une image, d’une voix

Et d’une ombre voilée entrevue quelques fois

Et que l’on ne pouvait  appeler que sourire.

 

 

Chanson écrite d’un seule trait à l’age de 22 an le jour même de l’enterrement de cette fille.

publié par yacine dans: kourde
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