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kourde

Pseudo: yacineCatégorie: Littérature, poésieDescription:
ecrits sans prétention, histoires vraies de gens simples ainsi que quelques poemes.
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Vendredi 04 Avril 2008

Tout le monde dans le quartier connaît Amrouche et Amrouche connaît tout le monde dans le quartier. Le quartier n’a pas vu naître Amrouche, et Amrouche a vu naître presque tout le quartier. Il a vu se dresser les maisons et grandir les arbres. Homme à tout faire et travailleur infatigable, il a été fait appel à lui par toutes les familles de la région pour  remuer la terre, creuser des tranchées, abattre des murs, mélanger le mortier, niveler des terrains, réparer les tuiles, déblayer les cours et défricher  les jardins. Nous savons seulement qu’il vit le jour il y a très longtemps, là-bas, au nord, dans ces montagnes boisées qui ne montrent que leurs sommets. Lorsqu’il aménagea son gourbi, il ne se doutait pas que la ville qui somnolait tout en bas, grimperait et le rejoindrait au milieu des rochers et des chardons.

Hier, il s’est arrêté  dans la petite rue déserte où j’habite pour bavarder un peu au sujet de tout et de rien. Il a  parlé de la pluie et du beau temps, et ensuite  évoqué sa mère, morte alors qu’il avait à peine cinq ans. C’est du moins ce qu’il avait compris jusqu’à l’age de 16 ans quand il apprit que la mère, chassée par le père, a été recueillie par une vague tante dans un hameau éloigné. Puis il partit trimbaler sa misère en mille lieux, arrosant mille métiers de mille sueurs et ne songeant qu’à survivre. Cinquante années plus tard, il y a une semaine, il apprend que cette mère morte et  inconnue, s’était remariée et qu’il avait des frères et sœurs éparpillés dans les villages alentour. Alors ce matin, plutôt que de se rendre au marché hebdomadaire il s’est rendu dans ces villages et rencontré ces frères et sœurs dont il n’a jamais soupçonné l’existence. Son récit achevé, il m’a reparlé de ce que seront les moissons au bout d’un avril si frais.

publié par yacine publié dans : kourde
Vendredi 13 Octobre 2006

(Article paru sur le site FILAHA, le portail agriculture)

par KOURDE Yacine. Ingenieur Agronome.

Toutes les définitions relatives à l’agriculture biologique font référence au respect des cycles biologiques des cultures et à l’absence d’intrants de synthèse ou contenant des organismes génétiquement modifiés.

Les produits bio sont exempts d’adjonctions chimiques et non manipulés génétiquement.

L’agriculture biologique se fonde sur des valeurs telles que la santé et le respect de la nature dans son sens le plus large.« L’agriculture biologique doit être l’étalon-or des bonnes pratiques culturales respectueuses de l’environnement »

Les produits bio reposent sur un ensemble de règles, de directives et de principes spécifiques, appliqués à tous les niveaux de la filière : production, transformation, transport, distribution…

Ces règles sont définies à l’échelle mondiale, européenne et/ou nationale par des organisations internationales, des états ou des organismes reconnus. Les principaux acteurs de définition de ces règles sont la FAO, l’OMS, le codex alimentarius, l’IFOAM, le conseil des ministres de l’UEE, les ministères (en général de l’agriculture) des états et les organismes certificateurs homologués.

Toutes ces règles et ces directives tendent à :

  • Maintenir un équilibre entre les plantes cultivées, les animaux et leurs environnements.

  • Produire des denrées alimentaires de haute valeur nutritive.

  • Interdire les fertilisants chimiques de synthèse et veiller plutôt à l’activité biologique des sols et l’enrichissement de leur fertilité par l’utilisation de matière organique et la rotation de cultures compatibles, complémentaires et résistantes.

  • Exclure tout herbicide, lui préférer la lutte manuelle, mécanique ou thermique et mettre l’action sur la prévention.

  • Ne pas utiliser les organismes génétiquement modifiés et les produits qui en sont issus.

  • Eviter de soumettre les produits à des rayonnements ionisants, des irradiations ou des régulateurs de croissance.

  • N’utiliser que des semences, plants et matériels  de multiplication végétative provenant d’exploitations biologiques et n’ayant pas subi de manipulation génétique.

  • Préserver la bio-diversité au sein d’un écosystème en équilibre écologique stable.

  • Mener des élevages selon des techniques qui tiennent compte du bien-être et des besoins physiologiques et éthologiques des animaux.

  • Nourrir les animaux essentiellement avec des aliments biologiques et limiter le recours aux antibiotiques.

  • Reproduire les animaux par des méthodes naturelles ou par insémination artificielle et ne pas recourir aux transferts d’embryons et aux manipulations génétiques.

Parlant de l’agriculture biologique, le professeur Francesco Panese de l’Université de Lausane dira : « Ainsi, il y a d’abord le souci de soi, puis le souci de la nature et enfin le souci du monde. Ces trois soucis convergent ».

    L’agriculture biologique puise ses idées fondatrices dans différents mouvements comme la biodynamie et l’agriculture organique. Ces mouvements sont apparus un peu partout en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Nous les devons à des précurseurs tels que Rudolf Steiner, philosophe autrichien qui jeta les bases de l’agriculture bio dynamique en 1924 ou Sir Albert Howard dont le « testament agricole » inspira en 1940 le courant de l’agriculture organique.

D’autres pionniers, médecins, agronomes, agriculteurs, consommateurs, écologistes, réagirent aux effets néfastes des produits chimiques et prirent diverses initiatives. Nous citerons parmi ces hommes :

  • Les Français, Raoul Lemaire, agriculteur, Jean Boucher et André Louis, agronomes ainsi que Matteo Tavera.

  • Le scientifique américain Rachel Carlson et son célèbre ouvrage « le silence des oiseaux » par lequel il dénonce en 1960 les conséquences des pesticides.

La même époque vit naître des associations comme la GABO (Groupement d’agriculture biologique) ou encore « Nature et Progrès ».

En 1972 est créée l’International Fédération Of  Organic Agriculture Movement.

            La destruction des écosystèmes, la pollution des nappes phréatiques, les scandales relatifs à la crise de la vache folle (ESB), à la dioxine, la controverse autour des OGM et même du clonage font hisser l’agriculture biologique d’un simple mouvement de société à un véritable mode de production.

Les consommateurs, notamment ceux des pays développés, s’impliquent davantage dans les filières agroalimentaires, manifestent le souci et expriment la demande croissante d’une alimentation saine, indemne de pesticides, colorants, conservateurs et hormones. Certains auteurs parlent de « consom’acteurs ».

Les médecins mènent des études et établissent parfois des relations entre les produits de l’agriculture conventionnelle et les maladies dégénératives, fonctionnelles récidivantes ou chroniques.

Et enfin, les pouvoirs publics, nationaux et  transnationaux, mettent en place des cadres réglementaires, de la production à la commercialisation des produits bio. Certains Etats assortissent leurs réglementations de véritables programmes de développement et de soutien de l’agriculture biologique.

      Contrairement à une idée largement répandue, ce mode de production n’est pas un retour à l’agriculture traditionnelle. Il nécessite des notions agronomiques approfondies et repose sur des méthodes très élaborées. Les exploitants sont en général des jeunes bien formés qui compensent les produits chimiques par des connaissances techniques.

publié par yacine publié dans : kourde
Jeudi 03 Août 2006
 

Amira

 

Amira ne marche pas. Elle glisse. Lentement. Comme un cygne sur un lac bleu.

Amira ne parle pas. Elle murmure calmement et gentiment les mots justes.

Amira ne sourit pas. Elle éclaire la nuit et le jour d’une douce lumière.

Amira ne regarde pas, elle imprime dans ses grands yeux l’élévation de toute chose

Amira ne dort pas, elle ferme  les yeux pour laisser le pire devenir meilleur

Amira n’écoute pas, elle tend l’oreille au chant du papillon courtisant la fleur.

Amira est amira, princesse majestueuse qui supplie les épines des roses de ne plus blesser les enfants.

Amira n’ouvre pas les portes. Elle leur dit la liberté et la sagesse. Et les portes, TOUTES LES PORTES, s’ouvrent. Elle s’ouvrent  à un cygne qui dit les mots justes, aux fleurs et aux papillons, dans la douce lumière d’un lac bleu.

 

 

publié par yacine publié dans : kourde
Mercredi 07 Juin 2006

(le11 novembre1981 à 5 heure du matin près de la gare d'Alger)

Que le jour semble loin, dans cette aube hivernale

Et ce matin qui n’en finit pas de naître.

Et pourquoi dans ma tête, ce mélange infernale

Qui marie les contraires et trouble tout mon être ?

La laideur dans les rues, ta beauté et ta grâce

La misère et le froid, l’éclat de ta lumière

En images alternées, se cèdent sans cesse la place

Sans que ne se dessine une quelconque frontière.

Marchons dans la ville qui accouche lentement

De cet instant confus, ce moment indécis

Quand la nuit et le jour dans leur accouplement

Dessinent un clair-obscur aux contours imprécis.

 

Regarde, sous les ponts, les escaliers, les arcades.

Regarde les tous, vieillards usés, infirmes, mendiants

Accrochés  au sommeil, désespérés,  malades

Et prolonger le rêve dans l’assoupissement.

 

Les fauves du matin blême s’acharnent sans répit

Sur cette humanité au bord de l’épuisement

Et qui tente de noyer sa peine et son dépit

Dans la torpeur brumeuse de l’engourdissement.

 

Sens, sens, les odeurs acres et les relents fétides

Exhalés par ce monde en décomposition.

Les ordures, les immondices, dans  la brume humide

Enveloppent les dormeurs de leurs émanations.

 

Bien sur,  les jardins, les parfums et la musique

Exaltent, louent et chantent l’harmonie de ta splendeur.

Mais par dessus le murmure de ton charme magique

Une foule, déchue, misérable, hurle sa douleur.

Ecoute :une vielle femme  tousse le feu de sa poitrine

Et  raconte aux cendres, les débris de sa vie.

Entend : un petit chat blessé pleure de famine

Mais nulle mère alentour, ne répond à ses cris.

Il y a les oiseaux, dis-tu. Il y a la douceur

Et les étoiles, et la féerie des rires d’enfants.

Les fleurs s’enivrent et dansent  au rythme des couleurs

Dans l’éternelle  ronde enchantée des saisons.

 

publié par yacine publié dans : kourde
Dimanche 21 Mai 2006

Je me rappelle ce poème qu’on lisait, enfant, et qui parlait de liberté qu’on écrit sur les cahiers et les pupitres d’écolier. Solitude, je ne te grave nulle part. Tu es là, partout, dan le ciel et dans l’eau, dans la cigarette et la fumée qui s’en échappe, dans le stylo et l’encre qu’il contient. Lorsque tu es seul, face à une télé que tu regardes du bout des yeux, ton rire sonne comme faux. Un rire non partagé sonne presque toujours faux. Le rire et la joie lorsqu’ils sont partagés se décuplent. La peine et le chagrin se décuplent aussi lorsque tu es seul.

 Solitude !

 

Tu luis

Tu brilles

Tu cries et tu  dis :

« Tu es seul »

Tu es seul au fond d’un puits

Au fond de ta tête

Au fond de la nuit

Tu es si seul

Que le miroir ne reflète plus rien.

Le reflet de la solitude

A la couleur du temps qui passe.

Le silence résonne

Sur l’enclume du vide

Pour forger l’oubli.

Tu oublieras

Jusqu’à la tristesse des mes rires

Et l’ombre de mon regard.

Je suis fils de la nostalgie.

Nostalgie de temps inconnus

Libérés par nos mémoires

Contre-force essentielle

Comme au cauchemar le réveil.

Je réveille ma conscience traquée.

La conscience est au cauchemar

Ce que le rêves est à nos misères.

Je rêve de forêts vertes, et de champs fleuris.

De sourires

Dans les yeux d’enfants

Et de gens qui s’aiment.

Solitude, tu es cruelle

Tu es féroce

Tu es carnassière.

L’oubli, bien souvent

Trébuche sur un souvenir.

L’oubli, bien souvent

Se cogne à un regard.

L’oubli, bien souvent

Se blesse à une chanson.

L'oubli, bien souvent

Se heurte à un prénom.

L’oubli, bien souvent

Se tourmente

Sur les vagues affolées

D’un air de guitare.

L’oubli, bien souvent

Oublie d’oublier

Que des amours fragiles

En des matins glacés

Accouchent en pleurant

D’affres abhorrés

Féroces et cruelles

Comme la solitude.

Solitude

Tu frappes

Tu blesses

Et tu laisses

Ta proie

Saignant, écorchée

Livrée au bec acéré

Du vautour affamé.

Mais je suis fils de la colère.

Et l’énorme bête

Sans doute apeuré

Par le silence de mon regard

S’envole lourdement.

publié par yacine publié dans : kourde
Mardi 16 Mai 2006

Je Voudrais construire des courbes

Qui ne voudront rien dire

Pour personne.

Je voudrai que mes pensées et mes rêves

Eclatent en en un feu d’artifices

Qui illuminera le ciel noir de nos peurs.

Je voudrais que mon cœur explose

En mille chansons célestes.

Je voudrai ne plus dormir

Et dériver indéfiniment

Sur les flots de la musiques.

Je voudrai me dissoudre

Dans toutes les couleurs présentes et à venir.

Je voudrais être l’heureux spectateur

D’une ronde ou se tiennent par la main

La musique, la bonté, l’amitié, les couleurs

Le pardon et la liberté.

publié par yacine publié dans : kourde
Lundi 15 Mai 2006

Pour que les poèmes refleurissent dans

Le jardin de mon cœur,

Pour que la faux de l’espoir sarcle

Les herbes sauvages de l’ennui,

Pour que la sève d’un sourire redonne

Vie aux racine de mes joies

Pour que germent les épis du bonheur

Dans les sillons de mon futur,

Pour que le vent et la foudre brisent

L’arbre de ma nuit

Et pour que le soc de l’amour enfouisse

A jamais

ma fatigue, ma douleur et

Ma peur,

Il suffit seulement….

publié par yacine publié dans : kourde
Dimanche 14 Mai 2006

Il pleuvait ce jour là et le ciel larmoyait

C’était la mi-printemps mais les arbres étaient noirs

En cette heure matinale vous auriez pu croire

Que la ville, dans un voile ténébreux s’est noyé.

Une fille est morte qui n’a que vingt deux ans.

Elle aimait bien la vie sans la connaître bien.

Le temps indomptable continue son chemin.

La fille qui est morte n’avait que vingt deux ans.

 

Le silence ce jour là avait l’étrange saveur

D’une sirène de bateau ou d’un glas qui sonne,

D’un appel déchirant qui dans les cieux résonne

Et semble supplier : je veux vivre O Seigneur. !

 

La douleur et le vent d’un mystérieux accord,

Faisaient courber la tête à cette foule en deuil

Qui pleuraient sous la pluie derrière le lourd cercueil

De celle qui, la veille, heureuse, riait encore.

 

Quand au fond d’un tombeau le corps s’en alla

Et qu’une dalle de granit l’eut a jamais couvert

Les hommes en procession, vers la ville s’en allèrent,

Coupables d’être encore  alors qu’ELLE n’est plus là.

 

La nature se complait parfois à effacer

Une nymphe naissante qui eut pu l’embellir.

D’une image du bonheur, une fille d’avenir,

Nous qui sommes présents, nous parlons au passé.

 

Un départ avant l’heure laisse un goût si amer,

Qu’à la face du temps je dirai si j’ose

Que le temps bien souvent brise l’ordre des choses

Et fait que l’enfant soit pleuré par la mère.

 

Et pendant que chacun de ceux-là qui cheminent

S’en allait tristement vers des jours incertains

Un sourire turquoise servira de festin

A la poussière, le sable, les vers et la vermine.

 

Le temps se chargera d’estomper peu à peu

Ce rêve inachevé à l’aube d’un mois d’avril,

Et l’on ne verra plus désormais dans la ville,

Ces yeux qu’on aimait tant, les connaissant si peu.

 

Mais au fond de nos cœurs vivra le souvenir

D’un regard azuré, d’une image, d’une voix

Et d’une ombre voilée entrevue quelques fois

Et que l’on ne pouvait  appeler que sourire.

 

 

Chanson écrite d’un seule trait à l’age de 22 an le jour même de l’enterrement de cette fille.

publié par yacine publié dans : kourde
Vendredi 24 Février 2006
 

Il a beaucoup été question (questions ?) de couleurs : couleur des yeux, couleur de cheveux ou couleur changeante du ciel. Mais de quelle couleur peindre l’émoi ou le sourire ? Quelles teintes étaler sur la toile d’un cœur qui frémit d’amour ? Comment habiller le pinceau qui voudra nuancer l’ennui, le dépit ou la lassitude. Quels mélanges de Rouge, Vert et Bleu pour crier la joie, murmurer la paix ou simplement suggérer le bonheur d’être. Le rire quant à lui, prendra certainement des couleurs opposées selon que l’on rit avec les gens ou que l’on rit des gens.

 

 

Il a encore été question de couleur. Cette fois ci de la blancheur des dents de Fatima quand elle sourit. La grand-mère de Fatima, s’appelle Fatima aussi, mais les gens la surnomment ElBassaouia  du nom de sa région natale, Bassa. Elle a 107 ans, toute sa raison et presque toutes ses dents. D’après sa petite fille, elle se souvient de l’éclipse qui aurait eu lieu au début du siècle. Le siècle passé évidemment. Un siècle qui passe peut voir vaciller des empires et choir des rois. Mais il peut aussi auréoler Elbassaouia d'une couronne de cheveux noirs. Et que dire de la petite fille, qui raconte avec son gentil sourire, les souvenirs de sa grand-mère, lorsque cette dernière n'était encore qu'une petite fille écoutant les chansons que lui chantait son père. Cela ressemble à un voyage merveilleux dans le temps.

un article sur l'auteur paru dans la tribune du 8 mars 2006

http://www.latribune-online.com/0803/in08 

 

 

publié par yacine publié dans : kourde
Jeudi 23 Février 2006
 

Ammi Said

Un autre vieil homme raconté par un ami au hasard d’une conversation au téléphone. A l’opposé des deux autres, Ammi Said exprime sa haine chaque fois qu’il en a l’occasion. Il faut dire aussi que les aventures qu’il a vécues laissent une emprunte profonde : Il avait moins de 20 ans et accompagnait son père au marché hebdomadaire. Cela se passait durant la deuxième guerre mondiale. A la sortie du marché, des soldats l’arrêtèrent. Avant qu’il ne comprit ce qui lui arrivait, il se retrouva enrôlé dans l’armée Française et  embarqué sur un bateau à destination de la lointaine France. Sitôt arrivé, il fut mis dans un avion, harnaché d’un parachute et balancé au dessus de la Normandie. Tout cela bouleversa le pauvre Said, qui ne connaissait de la vie que la mule de son père et le chemin de montagne qui mène au marché. Mais ce qui lui déplut le plus  et qu’il n’oubliera plus jusqu’à sa mort, c’est le coup de pied qu’il reçut à cause de sa réticence à sauter dans les airs. Cela lui était inadmissible. Ce coup de pied cependant, allait élargir son horizon au delà de la mule paternelle et du chemin de montagne. La guerre cessa. Il revint au pays et s’installa à la ville. Comme beaucoup de gens de toutes les après-guerres, il s’adonna au marché noir de l’huile, le savon et d’autres produits avant de trouver un travail stable dans une petite entreprise de peinture. Cette petite entreprise appartenait à un Français qui quitta le Pays dès l’indépendance de l’Algérie. Ammi Said hérita donc de l’entreprise et la fit prospérer si bien, qu’à présent il règne sur un véritable empire. Mais ni les guerres, ni la fortune, ni le pouvoir n’arrivent à éteindre de son cœur la haine des français à cause du coup de pied reçu soixante ans plus tôt dans le ciel de Normandie.   

 

publié par yacine publié dans : kourde

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